P. LACOUR - 17 février 2007

Les munitions de 4 rayé
C'est encore très incomplet. Il me reste quelques éléments que j'ajouterai à l'occasion, et les compléments apportés par les lecteurs seront bienvenus ; en particulier pour les fusées.

Bon nombre d'informations sont tirées du "Manuel complet d'artillerie - CB Plessix - 1883". Ce sont alors les valeurs d'après 1870, qui peuvent différer des originelles.


CHARGES

Les charges sont contenues dans des sachets en serge de laine blanche, préparée à l'acétate de plomb pour la rendre incombustible : après le départ du coup, il ne doit pouvoir subsister aucune braise incandescente dans le canon.

4 Rayé de Campagne

Charge de tir de plein fouet 550 g de poudre MC30 (une poudre noire créée après 1870) ou de poudre à canon ancienne, donnant à l'obus de 4 kg une Vo de 343 m/s, soit une portée de 3200 m sous l'angle de 17.5°, maximum permis avec la hausse latérale sur sol horizontal.
On peut tirer plus loin en enterrant la crosse, mais c'est sans grand intérêt car à 3200 m la précision est déjà très insuffisante.
Originellement, les coffres renfermaient aussi des charges de 150 g et 100 g, pour le tir plongeant de campagne (pour atteindre des objectifs situés à courte distance, mais masqués par un obstacle).

4 Rayé de Montagne

Charge de tir de plein fouet 300 g de poudre MC30 ou ancienne, donnant à l'obus de 4 kg une Vo de 237 m/s, soit une portée de 2000 m sous l'angle de 15° 30'.


MISE A FEU

La mise à feu se fait normalement par une "étoupille à friction", actionnée par un "tire-feu".


PROJECTILES

Obus ordinaire de 4 rayé Mle 1858 (entièrement peint en noir)

Tracé des obus ordinaires de 4 rayé (PDF 23 ko)
Quelques dessins de fusées de 22 mm (PDF 32 ko)
Dispositions communes aux fusées Demarest de 22, 25 et 30 mm (PDF 41 ko)
Fonctionnement de la fusée Demarest (PDF 30 ko)
Demarest, en dessin animé (QuickTime 1,46 Mo)

On trouve deux types usuels : généralement avec oeil de 22 mm (P vide 3.650 kg, P total 3.905 kg), mais parfois oeil de 25 mm (P vide 3,575 kg), semble-t-il pour les fabrications après 1870.
Ces obus sont chargés de 200 g de poudre à canon ancienne ou MC30, et initialement armés de fusées Mle 1859, fusante ou percutante.

La fusée percutante Mle 1859, dite Demarest, fonctionne par refoulement. Construite en diverses tailles présentant des dispositions communes, elle sera longtemps utilisée avec pour seule modification l'adjonction de 2 clous supplémentaires après 1870, pour la rendre moins sensible et permettre ainsi une augmentation des charges de tir.

Les fusées fusantes pour obus ordinaire, réminiscences des pratiques anciennes, ont subi diverses vicissitudes jusqu'à leur abandon en 1872 ; la fusée percutante Demarest restant alors seule en usage.
La "fusée à 6 évents Mle 1859" à tete hexagonale et un seul canal, fut ramenée à 2 évents en 1861 (en masquant 4 trous), car durant la guerre d'Italie le choix entre 6 évents avait semblé peu commode.
Le modèle 1863 est identique, toujours foré de 6 évents dont seulement 2 actifs, mais son canal est notablement allongé; un Mle 1859 transformé est aussi mentionné (canal allongé par enmanchement d'un tronçon de tube). La dénomination usuelle est toujours "fusée hexagonale à 2 durées".
Après de nombreux essais de principes très différents, en définitive peu satisfaisants, le Mle 1864 présente 2 canaux parallèles (tete carrée à angles cassés, pseudo-hexagonale).

Obus à balles de 4 rayé Mle 1858, à charge avant (entièrement peint en rouge, au minium)

Pas de dessin pour l'instant.
Ces obus (poids chargé 4,640 kg) ont des parois plus minces et une forme caractéristique "en goulot de bouteille". Ils sont au 3/4 remplis de 90 balles de pistolet de gendarmerie (14,7 mm - 19,2 g) bloquées par du sable et du soufre fondu. Au dessus est placée une charge de 85 grammes de poudre à fusil, juste suffisante pour briser l'obus.
Ceci doit se produire en l'air, un peu en avant de l'objectif visé ; les balles ainsi libérées forment une gerbe efficace sur 50 à 200 mètres, "portant au loin l'effet de la mitraille". En théorie la gerbe est conique, dirigée vers le point qu'aurait frappé l'obus, et sa vitesse moyenne est égale à la vitesse restante de l'obus au moment de l'éclatement. En fait, avec ce type précis (charge avant), c'est un cône creux, de vitesse plus faible que la vitesse restante.

Ces obus, qui sont les munitions principales des piéces de campagne, sont normalement armés de fusées fusantes, et il est impératif de disposer de plusieurs durées étagées.
Une "fusée métallique à 3 canaux", Mle 1859, donne satisfaction (sa tete serait cylindrique à 2 méplats).
Elle est cependant vite épuisée, et on la remplace en 1860 par la fusée hexagonale à 6 évents dont le stock est important, et que l'on aménage ici avec 3 évents actifs (3 durées).
Après divers essais infructueux, on adopte un Mle 1865, simple mais fiable, à 4 canaux longitudinaux (tete carrée à angles cassés, pseudo-hexagonale).

Les obus à balles peuvent aussi être armés d'une fusée Demarest, en vue de tirer "à ricochet". Il s'agit d'un tir de plein fouet, avec un impact assez rasant pour que le projectile s'enfonce très peu et ricoche. Il reprend alors l'air (sous un angle supérieur à l'angle de chute) pendant que la fusée percutante s'enflamme. L'obus éclate au bout d'un temps très court, mais il est déjà ressorti du sol (d'une hauteur variable selon les cas). Une bonne visée permet de fixer l'impact, donc le point d'éclatement, beaucoup plus précisément qu'avec un tir fusant ; mais le choc au sol ayant ralenti l'obus, la gerbe de balles libérée par l'obus est moins rapide. Effets d'autant plus amoindris que l'obus est alors en trajectoire ascendante, la gerbe pouvant alors passer au dessus de l'objectif; lorsque les balles retombent, quelques centaines de mètres plus loin, elles n'ont plus assez de vitesse pour être dangereuses (on considère généralement que les balles ne sont dangereuses que si elles marquent nettement un panneau de bois revêtu d'un uniforme d'hiver).

Cependant, tous les types fusants s'étant durant la guerre avérés lamentables, après 1870 l'obus à balles sera normalement armé de la fusée percutante Demarest, et devra donc être tiré à ricochet.

Remarques sur les fusées : Les millésimes, descriptifs et dessins de cette page doivent etre pris sous réserves, car le domaine est complexe et les informations sont plutot confuses. De nombreuses interrogations subsistent donc.
De plus, outre les types millésimés cités ici, il y eut des modèles d'essai, que l'on pourrait retrouver sur les champs de tir, voire meme sur les champs de bataille.
En 1870 un nouveau modèle, la fusée Maucourant, devait apporter la solution définitive ; mais il ne fut qu'éphémère. L'adoption en 1864 et 1865 de modèles à plusieurs canaux n'a d'ailleurs pas pour autant fait disparaitre l'ancienne fusée hexagonale à 6 évents, que l'on retrouve souvent sur le site des combats. Il n'est alors pas possible de déceler si elle était aménagée à 2, 3 ou 6 durées.

Boite à mitraille de 4 rayé

Rien pour l'instant.


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